Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale

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Lutte contre le terrorisme nucléaire, radiologique, biologique, chimique ou explosifs massifs

12 juin 2009

Attentats au sarin au Japon en 1994 et en 1995, enveloppes au bacille du charbon en 2001, explosions de bonbonnes de chlore en Irak en 2007 : l’emploi de substances toxiques dans des actes de terrorisme ne relève pas de la science-fiction. L’intérêt de la mouvance terroriste internationale pour les substances et les effets nucléaires, radiologiques, biologiques ou chimiques (NRBC) est aujourd’hui confirmé. La gravité de telles actions, susceptibles d’occasionner des destructions et des désorganisations de grande ampleur, vient principalement de l’extrême toxicité des produits, de leur mode insidieux et évolutif de contamination et de leur persistance.

La protection de la population contre toute forme d’actes terroristes, y compris de nature NRBC ou par explosifs massifs(NRBC-E), est une mission régalienne fondamentale de l’État. Les pouvoirs publics ont à rechercher toutes les mesures visant à les prévenir et, s’ils venaient à se produire, à en limiter les effets sur les personnes, sur les biens et sur l’environnement.

La France s’est progressivement dotée d’un dispositif de prévention et d’intervention qui, avec celui du Royaume- Uni, est assurément l’un des plus développés en Europe. La prévention, essentielle, s’intéresse au contrôle des agents toxiques et de leurs précurseurs, à la réduction de la vulnérabilité des lieux sensibles (établissements industriels...) et des cibles potentielles (réservoirs d’eau potable...), à la détection précoce des transferts illicites. L’intervention comporte deux phases, la détection et la neutralisation de l’attaque avant qu’elle ne se concrétise, puis la limitation des conséquences d’une agression par l’assistance à la population, la sauvegarde des biens et de l’environnement, le maintien de l’ordre public et la conduite de l’enquête judiciaire.

Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale a souligné la nécessité de renforcer la protection contre les menaces NRBC. Pour professionnaliser la démarche empirique qui avait prévalu jusqu’à présent, le secrétariat général de la défense nationale a mis en place un comité stratégique interministériel NRBC-E. La mission du comité est de garantir la cohérence et la complémentarité des contributions des ministères au dispositif national de réponse à la menace, en définissant des orientations communes à tous et en contrôlant leur exécution. Le comité est aussi chargé de rapprocher la recherche scientifique et les développements technologiques des besoins opérationnels, en incluant une dimension internationale pour mutualiser les compétences et les financements.

La création de ce comité est une étape vers la formalisation de la stratégie française de prévention et de lutte face aux menaces de terrorisme NRBC-E. Si pour des raisons évidentes la priorité a été donnée à la neutralisation d’engins suspects, la persistance de la menace, l’élargissement des modes d’action et la diversification des produits utilisables amènent à couvrir désormais l’ensemble des aspects de la lutte : prévention, détection, intervention, prise en charge des victimes, réhabilitation de l’environnement. Tout cela en assurant la cohérence de la recherche théorique et appliquée, de l’acquisition de matériels, de la formation des intervenants et de l’organisation des services concernés. Sur cette base, la définition, la mise au point et l’expérimentation de systèmes de détection de produits biologiques, chimiques, radioactifs, nucléaires ou explosifs seront intensifiées en valorisant des programmes déjà initiés. Autre exemple, pour donner sa pleine efficacité au dispositif d’intervention, la parfaite synergie des acteurs de toutes origines sera favorisée par leur entraînement préalable conjoint : la création d’un centre national civilo-militaire de formation et d’entraînement interservices sur l’intervention NRBC-E, projet piloté par les ministères de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales et de la défense en liaison avec celui de la santé, répond à cette exigence.

Des progrès restent donc à accomplir. Ils peuvent sembler ambitieux. Ils sont néanmoins indispensables pour surmonter les défis du terrorisme non conventionnel.


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