Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale

Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale
Accueil > Actualités > Articles et interventions du secrétaire général > La planification gouvernementale
Agrandir la police Diminuer la police Imprimer

La planification gouvernementale

15 février 2009

Face à une menace terroriste évolutive, diffuse et appelée à durer, l’État joue un rôle essentiel. Il lui revient de concevoir et de mettre en place des outils à même de répondre aux vulnérabilités nouvelles, ainsi que d’adapter en permanence les moyens de prévision dont il dispose. Le fer de lance de ce dispositif est le plan gouvernemental Vigipirate, conçu en 1978 alors que l’Europe était confrontée à une vague d’actions terroristes. Le plan, qui avait légèrement évolué au fil des ans, a été totalement refondu après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis pour faire face à un spectre très étendu de menaces.

Vigipirate a un triple objectif : diffuser des messages de vigilance, préparer la survenance d’une crise et définir les conditions d’un retour à une situation normale après crise. Il comporte quatre niveaux d’alerte allant du jaune pour une menace diffuse à l’écarlate pour un risque imminent d’attentats majeurs. L’introduction du code de couleurs a rendu le plan très lisible et facilite la prise de conscience de la population. Après l’évaluation de la menace débouchant sur la détermination du niveau d’alerte, des mesures graduées sont activées en fonction de l’intensité des risques pour chacun des secteurs de l’activité économique et sociale, y compris au profit de nos ressortissants à l’étranger. Les décisions de modification du niveau d’alerte et d’activation des mesures relèvent du Premier ministre.

Le niveau d’alerte Vigipirate a été maintenu au « rouge » depuis le 7 juillet 2005, date de la première vague d’attentats dans les transports en commun de Londres, du fait que la menace terroriste à l’encontre de notre pays demeure élevée. Sous l’égide du secrétariat général de la défense nationale (SGDN), les mesures graduées qui constituent la posture sont néanmoins réexaminées régulièrement par les services spécialisés, selon un rythme adapté à l’évolution de la situation nationale et internationale. Vigipirate est complété par la famille des plans gouvernementaux d’intervention « Pirate », adaptés chacun à un type de risque particulier. Le Premier ministre peut les déclencher en cas de menace précise ou d’attaque terroriste utilisant un moyen d’agression spécifique (par exemple Piranet pour une attaque contre les systèmes d’information) ou se déroulant dans un milieu particulier (Piratair-Intrusair pour le terrorisme aérien, Pirate-mer pour le terrorisme maritime, etc.).

Le Premier ministre a chargé le SGDN de veiller à la connaissance des plans par les agents de l’État et d’en tester les dispositions lors d’exercices. Quatre ou cinq exercices interministériels sont organisés chaque année, et tous les plans Pirate ont pu être testés. Le caractère transnational des menaces a également conduit la France à organiser des exercices avec certains de ses partenaires européens, et à participer à ceux de l’Union européenne ou de l’OTAN.

Avec le plan Vigipirate et les plans d’intervention associés, la France dispose d’un outil souple de réponse aux menaces terroristes. Leur architecture - principes d’organisation, processus de décision, méthode d’évaluation de la situation et de son évolution, catalogue de mesures, règles d’entraînement - a été reprise par le SGDN pour d’autres plans dont celui de prévention et de lutte contre la pandémie grippale. Mais le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de juin 2008 amis en évidence que, dans le cas de crises très graves ou durables, une autre dimension devait être prise en compte : la capacité de la société à encaisser les chocs et les difficultés puis à se rétablir, ce que vise le concept de résilience. Ceci incombe d’abord à l’État et à l’ensemble des opérateurs publics et privés qui doivent, à froid, concevoir une organisation et des processus intégrant les hypothèses du temps de crise. Ceci revient aussi à l’ensemble de la population qui, à condition d’être bien informée en amont et pendant la crise, sera mieux à même d’adopter des comportements individuels et collectifs qui aideront à la résolution des difficultés et au retour à la normale.

La planification gouvernementale et sa mise en œuvre sont ainsi appelées à évoluer pour préciser les rôles, pour introduire de nouveaux acteurs et pour valoriser la fonction de communication. Au niveau central, la direction politique et stratégique de crise relève du Président de la République et du Premier ministre, et la conduite opérationnelle est en principe confiée à un ministre - typiquement le ministre de l’intérieur pour les crises affectant le territoire - qui bénéficie du concours de tous les ministères concernés. Au niveau déconcentré se situe la mobilisation et l’emploi des moyens opérationnels, avec une importance accrue donnée à la coopération civilo-militaire - concrétisation de la fonction stratégique protection -, au recours aux collectivités territoriales et aux entreprises dans les secteurs vitaux comme l’énergie, les communications, la santé ou les transports. La communication publique, coordonnée du niveau central au niveau local, est le liant entre les acteurs de la gestion de crise et la population, non seulement pour informer de la situation et pour diffuser des consignes, mais aussi pour rendre compte de la perception des décisions et pour anticiper les réactions.

La planification gouvernementale n’est pas - ou pas seulement - une affaire de spécialistes. C’est un vecteur de développement d’une culture de sécurité, jetant un regard réaliste sur le monde et sur ses risques, et montrant également que la conjonction des volontés et des moyens permet de les surmonter.


RÉPUBLIQUE FRANÇAISE | SGDSN © 2012 | Informations éditeur | RSS | Contact | Aide et accessibilité | Plan