Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale

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Répondre aux défis de sécurité : un enjeu européen

29 décembre 2008

La nouvelle doctrine française de défense et de sécurité inclut pour la première fois la recherche dans le champ de son analyse. Elle préconise une action volontariste dans ce domaine et conforte la forte implication manifestée par la France depuis plusieurs années, notamment au niveau européen.

La France est en effet très engagée dans le programme européen de recherche en sécurité. La stratégie française est définie en concertation interministérielle sous l’égide du secrétariat général de la défense nationale, puis portée à Bruxelles par les représentants nationaux. Elle s’appuie essentiellement sur l’identification des besoins des utilisateurs finaux et sur leur hiérarchisation pour dégager des priorités. Les priorités françaises entrent dans les préoccupations de la Commission européenne : la protection des citoyens, la protection des infrastructures et des réseaux, la sécurité des frontières, la gestion de crise. Quatre besoins prioritaires de recherche ont été identifiés. Ils portent sur la gestion des situations précédant la crise - par la conception de capteurs de détection précoce des explosifs artisanaux et la protection des aéronefs civils contre les systèmes portatifs de défense anti-aérienne - et durant la crise - par l’amélioration de la protection des primo-intervenants sur le lieu d’un attentat et la gestion d’une contamination massive de la population.

Ces priorités répondent bien à l’une des menaces majeures mises en avant par le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale : le terrorisme. Elles ont été intégrées dans l’appel à projets 2009 du programme européen de recherche sur la sécurité. La forte mobilisation des industriels français, illustrée par le taux élevé de leur participation aux appels à projets de la Commission européenne, doit être relayée et renforcée par le lancement d’études sur la sécurité dans les domaines des transports et de la santé.

Tout ceci témoigne d’une ambition visant à doter l’Europe de technologies faisant de l’espace européen un espace sûr pour les citoyens et de haute compétitivité pour les entreprises. La place de l’Europe sur le marché de la sécurité est en forte croissance. Tous les efforts doivent désormais tendre à conforter les bases de ce marché, prometteur mais encore fragile faute d’une coordination européenne suffisamment cohérente pour fédérer l’expression des besoins et la mise en place de ressources financières communes. Faute de quoi, les industriels et les laboratoires risquent de se tourner vers d’autres marchés que celui de la sécurité.

Quelles sont les principales préconisations de la France pour les années à venir en matière de recherche en sécurité ? L’optimisation de l’effort de recherche passe tout d’abord par l’établissement d’un dialogue permanent entre les utilisateurs - qu’il s’agisse de services de l’État, d’opérateurs publics ou d’entreprises privées - et les chercheurs. Seul un échange régulier permettra d’orienter les champs de la recherche vers des solutions adaptées à des doctrines d’emploi cohérentes avec les modes d’exploitation des opérateurs et avec les méthodes des services d’intervention. Les démarches de recherche en matière de défense et de sécurité doivent être mutualisées, et la coordination entre les ministères de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des Collectivités territoriales et de la Défense renforcée. Ceux-ci doivent intensifier leurs relations avec les grands établissements publics de recherche, les industriels, les universités, mais aussi les plus petits laboratoires et les PME.

Il apparaît également nécessaire de donner une dimension plus européenne aux programmes de recherche nationaux. Une meilleure fédération des efforts au niveau européen permettra de confronter les expériences, de mieux partager les capacités et de faciliter l’industrialisation des solutions. L’Agence européenne de défense doit être porteuse de cette ambition pour ce qui concerne la défense. C’est par exemple dans ce cadre que dix pays de l’Union européenne ont lancé le 26 mai 2008 un programme conjoint d’investissement de deux ans dans la recherche militaire avancée sur les technologies émergentes, comme les nanotechnologies ou la télédétection des charges explosives dissimulées en bordure de routes.

Nous nous trouvons face à un enjeu collectif majeur pour les pouvoirs publics, les chercheurs et les opérateurs : gagner la bataille technologique, pour toujours précéder la progression de la menace et la diffusion du savoir-faire des agresseurs. Veille et analyse des menaces, fédération de l’expression des besoins, mutualisation de l’effort de recherche et de développement, création de synergies des compétences en Europe, adéquation des solutions aux modes d’exploitation dans lesquelles elles s’insèrent : l’ensemble de ces éléments fait partie de notre réponse stratégique aux conséquences de la mondialisation dans le domaine de la sécurité.


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