Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale

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Prévenir les actes de terrorisme : renseignement et sécurité, des activités d’importance vitale

10 novembre 2007

Le terrorisme est une préoccupation centrale du Secrétariat général de la défense nationale : en témoignent ses travaux pour le Livre blanc sur le terrorisme publié en mars 2006, ceux récemment engagés pour le futur Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, ou encore ceux sur les plans de défense et de sécurité. La lutte contre le terrorisme est d’abord une "bataille de l’amont", et je retiendrai ici deux de ses champs : le renseignement et la sécurisation des activités essentielles. La fonction de renseignement est primordiale : c’est elle qui permet de prévenir les attaques par la détection et l’identification des agresseurs. Elle constitue une ligne de défense mobile et réactive, qu’il faut déployer dans un espace géographique d’une profondeur sans précédent face à une nébuleuse dont la stratégie s’est adaptée à la mondialisation.

La France a été épargnée par les attentats réalisés en Europe depuis 2004 en Espagne, au Royaume-Uni et en Allemagne. Elle n’est cependant pas à l’abri d’attaques que pourraient mener dans un proche avenir des groupes présents sur notre sol ou des cellules basées à l’étranger. Dans les évaluations que nous faisons régulièrement pour adapter notre posture de sécurité, nous considérons comme élevée la menace sur notre territoire et à l’encontre de nos intérêts à l’étranger en raison d’alertes récurrentes et de déclarations répétées hostiles à la France : notre pays a été désigné à plusieurs reprises par les leaders historiques d’al Qaïda et par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat algérien devenu l’organisation al Qaïda au Maghreb islamique.

La physionomie de la menace terroriste est en évolution continue, qu’il s’agisse du profil des acteurs, de leurs itinéraires de formation idéologique et technique ou de leurs modes d’action. Face à elle, nous devons impérativement renforcer nos capacités de renseignement, aussi bien pour le renseignement humain dont l’exploitation est relayée par un système judiciaire adapté à un traitement préventif du terrorisme, que pour le renseignement technique dont les moyens ont été étendus par la loi du 23 janvier 2006 relative à la lutte contre le terrorisme.

Au-delà de l’action préventive de renseignement, il faut parallèlement faire un effort de protection pour réduire l’attractivité des cibles potentielles et diminuer l’efficacité d’éventuelles agressions. La base de ce nouveau processus a été posée par le décret du 23 février 2006 relatif à la sécurité des activités d’importance vitale, qui réforme en profondeur le dispositif des points et des réseaux sensibles hérité de la guerre froide.

Dans chaque secteur d’activités essentielles à la vie nationale, une directive de sécurité analyse les risques à partir de scénarios fondés sur les analyses de renseignements ; elle énonce des exigences de sécurité traduites en actions de réduction des vulnérabilités et en dispositions pratiques de protection, ventilées en une posture permanente de sécurité et en mesures graduées en fonction de l’intensité conjoncturelle de la menace.

Une directive nationale de sécurité est un schéma directeur permettant à chaque opérateur du secteur de bénéficier des analyses nationales. L’opérateur complètera la démarche à son niveau en menant sa propre analyse de risque et en concevant un dispositif de sécurité à deux étages : un plan de sécurité pour l’ensemble de son activité dans le secteur traité, et des plans de protection pour ses points névralgiques. Ces plans déclineront les dispositions pratiques de la directive nationale et les mesures VIGIPIRATE en les adaptant au contexte local.

Les actions ainsi menées tant pour le renseignement que pour la sécurisation des activités essentielles servent à lutter contre le terrorisme mais également contre d’autres menaces, elles aussi en constant développement : prolifération des technologies et des armes de destruction massive, trafics illicites, attaques contre les systèmes d’information... Autant de défis qui imposent une réponse globale de l’État et des opérateurs économiques, ainsi qu’une prise de conscience et une vigilance de chaque citoyen. Le village planétaire de la mondialisation des échanges et de la société de l’information est aussi une terre de sourds affrontements.


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